Mon vieux
Dans son vieux pardessus râpé, \u000B
Il s'en allait l'hiver, l'été, \u000B
Dans le petit matin frileux, \u000B
Y'avait qu'un dimanche par semaine, \u000B
Les autres jours, c'était la graine \u000B
Qu'il allait gagner comme on peut, \u000B
Mon vieux...
L'été, on allait voir la mer. \u000B
Tu vois, c'était pas la misère, \u000B
C'était pas non plus le paradis.
tant pis...
Dans son vieux pardessus râpé, \u000B
Il a pris, pendant des années, \u000B
Le même autobus de banlieue, \u000B
Le soir, en rentrant du boulot, \u000B
Il s'asseyait sans dire un mot, \u000B
Il était du genre silencieux,\u000B
Mon veux...
Les dimanches étaient monotones, \u000B
On ne recevaient jamais personne. \u000B
Ça ne le rendait pas malheureux, \u000B
Je crois, mon vieux...
Dire que j'ai passé des années \u000B
À coté de lui, sans le regarder. \u000B
On a à peine ouvert les yeux, \u000B
Nous deux...\u000B
J'aurais pu, c'était pas malin,\u000B
Faire avec lui, un bout de chemin \u000B
Ça l'aurait peut-être redu heureux \u000B
Mon veux...
Mais quand on a juste quinze ans, \u000B
On n'a pas le coeur assez grand \u000B
Pour y loger toutes ces choses-là \u000B
Tu vois...\u000B
Maintenant qu'il est loin d'ici, \u000B
En pensant à tout ça, je me dis: \u000B
J'aimerai bien qu'il soit près de moi, \u000B
Papa...